Fiche : n°2 - La capitalisation : comment ça marche ?

 mai 2003
mis à jour samedi 20 novembre 2004

Les retraites par capitalisation c’est un système où de l’épargne est soustraite des revenus d’activité pour
être placée et pour procurer des rendements financiers au moment de la retraite.

Il y a un lien direct entre l’épargne de chaque personne pendant sa période d’activité et la rente/pension
qu’elle perçoit pendant sa retraite.

Une personne qui épargne en 2003 accumule des potentialités de rente pour sa retraite en 2040. Mais la
retraite/rente qui lui sera versée en 2040 dépendra uniquement de la rentabilité de l’épargne/capital
mesurée en 2040.

Pour que le système par capitalisation fonctionne, il faut que, pour une période donnée :

rente/rémunération du capital accumulé = retraites perçues par les retraités

L’équilibre à rechercher est :

capital accumulé x rendement du capital = retraites perçues par les retraités

Le « capital accumulé » dépend de plusieurs éléments :
- le niveau des revenus individuels, celui des prélèvement et contributions, et les possibilités d’épargne
qu’ils permettent ;
- le niveau des richesses globalement produites et son partage entre consommation immédiate et
épargne investie en constitution de capital.

Le rendement du capital c’est le taux de pression du capital sur l’économie. De plus en plus fortement la
rentabilité du capital est mesurée à l’ampleur des « dégraissages », des « plans sociaux » et des suppressions
d’emplois.

Les limites et les aléas de la capitalisation :

Avec le système de la capitalisation l’intérêt des actifs qui veulent épargner est de disposer de revenus
élevés sur lesquels ils pourront soustraire des sommes au-delà de leurs consommations. Dans le même
temps, l’intérêt des retraités/rentiers est d’obtenir la meilleure rémunération immédiate de leur capital.
Avec le système de la capitalisation l’intérêt des « actifs » qui veulent épargner entre en contradiction avec
l’intérêt des retraités/rentiers qui veulent tout de suite un fort rendement.

La logique globale de la capitalisation tient dans un accroissement continu du capital et dans une
progression du rendement du capital. C’est un système qui joue contre la consommation et contre
l’emploi.

Par la capitalisation, le prélèvement opéré à un moment sur les richesses produites est retiré de la consommation
 ; il y revient par un circuit long et aléatoire.

Le système de la capitalisation est plein d’aléas. Les placements opérés en 2000 ne se révèleront peutêtre
pas judicieux quelques années plus tard. Il s’agit bien de confier sa retraite - ses vieux jours - à la
bourse ; et ce n’est pas forcément rassurant. Le système de la capitalisation paraît « rentable » quand il y a
« montée en puissance » du système : quand il y a de la demande pour acquérir le capital des entreprises (les
actifs, nombreux, qui sont en période d’épargne capitalisation). Quand ces personnes sont à l’âge de la
retraite, elles « désépargnent » : elles veulent vivre sur leur capital, et vont en vendre une partie, qui sera
donc offerte sur le marché. Si, alors, et comme l’annoncent M. Charpin et ses experts, il y a moins de
jeunes pour acheter, la tendance du marché sera à la baisse.

Avec la capitalisation, le niveau des rentes/retraites dépend de décisions prises par les conseils d’administration
des entreprises (quels investissements ? etc.), des banques, des fonds de pension, des
« marchés financiers », des spéculateurs,
etc. Pour participer aux choix, il ne faut pas être citoyens ; il
faut être membres des conseils d’administration. C’est une démocratie censitaire où peuvent intervenir sur
leur rémunération ceux qui ont le pouvoir financier.

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