A la tête du réseau d’écoles, un "super directeur" ?

Sud Education 75
mercredi 29 juin 2005
mis à jour dimanche 3 juillet 2005

Depuis des années, certains en rêvent. Des tentatives et des projets sont déjà apparus et, dans une ville-département (Paris), on n’est pas loin de la concrétisation.

Alors que, jusqu’en 1987 au plan national, l’instituteur chargé d’école était à égalité stricte avec les autres membres du conseil des maîtres (compétent pour toutes les questions concernant le fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires), le gouvernement Chirac 1986-1988 avec son ministre Monory pour l’éducation a élaboré un décret créant le grade de maître-directeur avec des droits et obligations très proches de ceux d’un chef d’établissement du second degré. Cette mesure a suscité la plus formidable mobilisation des instituteurs et institutrices, qui en se coordonnant ont largement débordé le syndicat majoritaire de l’époque, le SNI. Dès leur retour aux affaires, les socialistes (ministre : Jospin) ont abrogé ce texte honni ; ils ne sont toutefois pas revenus à la situation antérieure et les décrets Jospin de février 1989, toujours en vigueur, ont consacré une "fonction" de directeur d’école assortie de plusieurs des prérogatives du maître-directeur (mais sans autorité hiérarchique sur les adjoints et sans budget).

Et c’est le même Jospin, premier ministre en 1997, avec son âme damnée Allègre, qui a commandé un rapport au recteur (en retraite) Pair, faisant émerger l’idée de "groupements d’écoles" ayant à leur tête un directeur "coordinateur" aux pouvoirs plus étendus. Idée que l’on retrouve sans surprise dans le projet des "réseaux d’écoles" du gouvernement Raffarin !

C’est que vive est la pression pour enfin doter les écoles de vrais "chefs", exercée par la droite parlementaire (et pas seulement elle), par les municipalités, par les parents d’élèves (ceux de la PEEP clairement), par la hiérarchie de l’éducation nationale, par une bonne partie des directeurs d’école qui réclament des moyens de fonctionnement et même par certains enseignants ...

C’est aussi qu’à Paris au moins existe un exemple de situation enviable pour les directeurs d’école : tous déchargés à temps complet (sauf les quelques dirlos d’école de moins de cinq classes, qui ne bénéficient que ... d’une demi-décharge), percevant des indemnités très confortables de la Ville de Paris qui, ajoutées aux bonifications accordées par l’Etat, peuvent amener à doubler le traitement de base, jouissant d’une priorité de fait (et non de droit) pour un logement de fonction si possible dans l’école (et même si le directeur concerné est professeur des écoles). On comprendra que, dans ces conditions, la crise des vocations pour la direction d’école épargne chaque année Paris !

Et pourtant, les inconvénients sont considérables : pour les directeurs surchargés de tâches administratives routinières par l’académie et par la mairie co-employeurs qui veulent leur faire jouer un rôle de chef d’établissement ; pour les adjoints qui, à juste titre, supportent mal ces inégalités et l’autoritarisme de certains ; pour les écoles en général qui, au lieu d’une organisation concertée en conseils des maîtres et d’écoles, sont trop souvent traversées de conflits qui les empoisonnent.

Alors, plutôt que de céder à des discours sur l’ efficacité présumée des "super-directeurs" ou des "chefs de réseaux", réaffirmons les positions de SUD Education sur le fonctionnement collectif et égalitaire des équipes !

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